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Mon avis sur l'arrêté anti-pesticides

Le point n°1 du conseil municipal du 17 octobre 2019 concernait le très médiatique arrêté anti-pesticides que le candidat Amiraty soumettait au vote.

Je vous livre ici mon intervention, expliquant dans le détail mon point de vue.

Mesdames, Messieurs, Bonsoir,

Il y a beaucoup à dire sur cette délibération.

 

Dans l’ordre, comme tout le monde, j’ai commencé par lire le titre : Motion  de soutien. Je me suis dit « ah M Amiraty » renonce à son arrêté, il choisit la voix de la raison. Nous verrons plus tard que ça n’est pas du tout le cas.

 

Ensuite, il y a sur 5 pages, votre programme politique pour les prochaines échéances municipales de 2020. Un programme Gréta-compatible.

Vous nous expliquez comment vous allez convertir toute la commune au bio.

Vous commencez par expliquer que vous allez contraindre la totalité des agriculteurs à produire du bio, avec un délai maximum de 6 ans.

Tout d’abord sur la forme : Vous avez annoncé cette ambition sans même consulter les agriculteurs ! Sans même connaitre leur avis !

Sur la forme : comme me l’ont dit les agriculteurs de la commune que j’ai pu consulter : agriculteur, c’est un métier ! Ça n’est pas du jardinage. Ces personnes savent ce qu’elles font, et elles n’ont besoin de personne, surtout pas de vous, ni de moi, pour décider si elles doivent traiter leurs récoltes.

Si pour certains, le bio est un argument commercial et que leur modèle économique fait que le label bio est un avantage, alors ils choisissent le bio. Mais pour ceux dont le type de plants ne permet pas une production viable pour eux en bio, comme pour leurs salariés, l’obligation à la conversion est une aberration.

Pensez-vous qu’ils traitent pour le plaisir ? Lorsque vous attrapez un petit rhume, M Amiraty, peut-être vous soignez vous avec des plantes, ou de l’excellent miel de Gignac. Mais je n’ai jamais vu personne combattre efficacement son cancer uniquement avec des produits bio ! De la même façon, les agriculteurs n’utilisent des produits physosanitaires de synthèse que lorsque le besoin est pregnant.

Ainsi, certains agriculteurs n’ont pas traité depuis des années, mais n’ont pas le label bio car ils veulent pouvoir garder la possibilité de traiter en cas de besoin impératif. Faisons confiance à nos paysans, ils savent bien mieux que nous.

 

Dans votre rapport, vous reconnaissez le cout pour la commune concernant les espaces verts et l’entretien, mais vous oubliez celui bien plus grand du passage au bio pour une exploitation agricole. Au-delà du label lui-même (en fonction de la surface, de quelques centaines à quelques milliers d’euros par an), il occasionne une diminution du rendement et une augmentation des coûts : il faut plus de tracteurs pour faire plus de passages et plus de main d’œuvre. Un coût difficile à supporter pour certaines exploitations.

Et ce délai : 6 ans pour passer au bio. C’est exactement le temps qu’il faut pour convertir des vignes. Cela signifie que dès demain, il faudra budgétiser cette transition.

 

J’aurais aimé trouver dans votre délibération, un projet pour le localisme. Vous le savez, des tomates bio sont également produite dans nombre de pays ou l’obtention du label bio est soumise à moins de contraintes qu’en France. Moi ce que je souhaite, c’est que ce soient les fruits du labeur de nos paysans Gignacais qui se retrouvent dans nos assiette, dans l’assiette de nos enfants à la cantine, ou de nos séniors au foyer. Bio, permaculture, raisonné, et même traditionnel. Il faut une priorité au local, aux circuits courts moins polluants.

 

Vous proposez l’utilisation exclusive de produits bio dans l’entretien des espaces publics et le nettoyage des bâtiments municipaux. Au-delà du fait que l’utilisation de pesticides est déjà interdits pour l’entretien des espaces verts, vous concédez que cela aura un coût.

 

Alors il y a des bonnes choses, comme la plantation de 1000 arbres, la création d’un verger, une idée que mon collègue Xavier Trubert vous avait déjà soufflée.

Enfin, alors que l’on croyait avoir tout lu ! Apparait un copié collé des arrêtés anti-pesticides déjà déposés par des centaines de maires, tous retoqués. Un remake de linky, où le soir du 29 mars 2018, vous nous juriez la main sur le cœur et les yeux dans les yeux avec le public venu nombreux, que vous ferez tout pour lutter contre l’installation des linkys…. Pour quelques jours plus tard les laisser installer sur les bâtiments municipaux.

Je vous en prie, puisque vous allez au bout de votre folie médiatique en déposant cet arrêté, qui sera à coup sûr retoqué, n’allez pas au tribunal administratif ensuite, car les frais d’avocat, de juristes, seront pris sur le compte des Gignacais. N’aurait-il pas été judicieux de présenter un vœu au gouvernement afin de manifester notre besoin de rétablir les pouvoirs des maires, sans dépenser un euro.

 

Alors le maire de Langouët aura eu le grand mérite d’ouvrir le débat, de nous interroger sur la société que nous souhaitons pour demain, sur la place de l’agriculture dans notre vie, sur notre façon de consommer. Mais ces interrogations primordiales, ça n’est pas à nous d’y répondre, c’est aux français, c’est aux Gignacais.

C’est pourquoi je propose d’organiser un referendum d’initiative populaire sur notre commune, où seront exposés sans divergences politiques aux habitants les avantages sur la santé des Gignacais et des agriculteurs, sur l’écologie et les inconvénients, économiques principalement du passage au zéro pesticides sur notre commune. Les Gignacais sont assez responsables pour choisir s’ils préfèrent que la commune investisse dans des places au centre aérés ou des plans de lavande bio sur nos ronds-points.

 

Laure Chevalier

Gignac la Nerthe