Laure chevalier avec valls a gignac la nerthe

Signature du contrat de mixité sociale : nouvel épisode de la trahison de M. Amiraty

La Provence avait annoncé mardi dernier, la venue de M Valls sur notre commune de Gignac La Nerthe ce vendredi 9 septembre.

Le maire de Gignac ayant autorisé (quelle bonté), l’ensemble du conseil municipal à accéder aux différents lieux de la visite mais pas à la table ronde de discussion. L’accès, pour toute autre personne devant être validé par la préfecture.

J’ai tenté de joindre le service protocole de la préfecture afin d’être accompagnée d’autre élus Front National de la région et de villes voisines qui avaient déjà accepté d’être présents. Après presque une heure d’appels infructueux, j’ai été informée, qu’aucune autre personne ne pourra être autorisée… 

Je me rends donc rue de la Fonse uniquement accompagnée de Eliane Cuntigh, élue conseillère municipale FN de Gignac. J’ai été surprise de l’absence de M. De Pietro et des membres de son groupe d’opposition divers droite qui avaient également été invités. J’enfile mon écharpe de conseillère régionale, le maire ne s’était pas non plus privé de se parer de son écharpe tricolore. Eliane et moi sommes surprises de voir cheminer, au milieu du chantier, un tapis rouge ! Nul outil ou grue, nul ouvrier, mais de nombreux élus locaux, des journalistes et du personnel du protocole s’agitant afin que l’organisation soit parfaite. La voiture du Premier Ministre déboule, accompagnée de plusieurs véhicules officiels. M. Amiraty s’empresse de l’accueillir puis M. Valls engage sur le chantier en serrant la main de quelques élus sur son chemin. Lorsque vient mon tour, je décide de ne pas lâcher sa main moite et de lui dire :

Monsieur Valls, je suis Laure Chevalier, je suis conseillère municipale de Gignac et conseillère régionale. Je représente 60% des Gignacais aux dernières élections..

Il m’a répondu : c’est la démocratie ! Je poursuis : Je sais que vous allez avoir une réunion en huis clos, je souhaite y participer. C’est alors qu’il m’échappe et qu’il poursuit son chemin avec dédain entouré de sa cour.

Des journalistes m’abordent donc : qui êtes-vous ? Pourquoi avez-vous interpellé M. Valls, que lui avez-vous dit ? J’explique que les Gignacais ne veulent pas de ces logements, qu’ils ne veulent pas de cette loi SRU qui impose un quota de logements sociaux. M. Amiraty s’est fait élire sur 3 propositions dont la première : garder l’esprit de village de notre commune. Il trahit les Gignacais. Oui, nous voulons que nos jeunes puissent se loger avec un loyer abordable, oui, nous voulons aider les personnes âgées, handicapées, les familles monoparentales. Mais il suffit d’observer les villes voisines de Châteauneuf, de Marignane ou de Vitrolles pour comprendre que ce ne seront pas ces personnes qui pourront bénéficier de ces logements. J’attire également l’attention des journalistes sur le fait que les Gignacais sont inquiets et qu’ils sont nombreux à envisager de quitter la commune. De plus, la valeur de leur maison se trouvera impactée par l’arrivée des habitants des quartiers nord de Marseille.

M. Valls et son cortège s’est engouffré dans le squelette d’immeuble en suivant le tapis rouge. Rien ne se passe et nous attendons de longues minutes au soleil. Soudain, le personnel du protocole s’agite, il y a urgence : notre invité d’honneur souhaite sortir par un chemin dépourvu de tapis ! Il faut trouver quelque chose, il y a une marche ! Il risque de choir ! Une planche et trouvée, les journalistes se précipitent pour immortaliser cet instant tellement authentique, M. Valls s’arrête, prend la pose sur la planche pour être sûr que cette image fera le tour des rédactions. Mais qui nettoiera les chaussures de M. Valls ? De nombreux élus de la majorité municipale ont du se presser… 

A la sortie du chantier, une journaliste se risque à poser une question sur les boues rouges qui polluent les fonds sous-marins de la rade de Marseille. Elle n’obtiendra pas de réponse.

Nous voilà arrivée au centre aéré de Gignac, la réunion à huis clos où les élus d’opposition n’ont pas été invités est en cours. Eliane et moi patientons lorsque nous sommes abordées par un homme en costume d’une trentaine d’années :

- Bonjour Mesdames je suis le chef de cabinet de M. Valls

- Bonjour Monsieur

- Je viens vous voir car on m’a signalé que vous pourriez être dangereuses et troubler les opérations

- Je vous félicite, Monsieur de votre courage : vous venez seul et sans armes. Je vous promets de ne pas lancer ma chaussure, j’y tiens. Eliane promet de ne pas salir son sac sur le visage de M. le premier ministre.

S’en suit une discussion sur le terrorisme (M. Valls aurait les mêmes observations que nous mais pas les mêmes solutions !), les médias et les supposées divergence Marion/Marine (je le renvoie aux frondeurs, à Macron et aux primaires, il a rougit !). J’attire son attention sur le dernier projet « du terrain météo », présenté au dernier conseil municipal : afin de simplifier les travaux et de faire plaisir aux promoteurs, l’ensemble des logements sociaux sera regroupé dans un seul et même bâtiment, le vivre ensemble a ses limites. Les habitants de cet immeuble seront donc clairement identifiés comme ayant des revenus très modérés. Le chef du cabinet de M. Vall a promis de lui en parler dans l’avion… mais évidemment je n’ai pas grand espoir sur le résultat.

Après 2 heures d’attente pour Eliane et moi, debout à l’entrée de la salle, la réunion à huis clos se termine. Le discours va avoir lieu !

M. Amiraty, maire de Gignac La Nerthe commence :

Il concède un nécessaire rééquilibrage du nombre de logements sociaux, trouve cette loi SRU justifiée puisqu’elle a traversé les mandants et les couleurs politiques. Mais, bien qu’elle ne tienne pas suffisamment compte de la diversité des réalités locales, ne pas signer ce contrat de mixité sociale serait trahir ses concitoyens (on croit rêver). C’est donc avec conviction qu’il s’est engagé avec les services de l’Etat pour la qualité de vie des Gignacais, à construire 550 logements dont 220 sociaux soit 1500 habitants supplémentaires (+15%). Cet affut d’habitants nécessite des investissements élevés afin de hisser le service public au bon niveau : effectifs policiers, écoles, voies nouvelles. Mais ne soyons pas inquiets, ces investissement ne se fera pas avec l’argent de Gignacais, des subventions seront obtenues (A Gignac, l’argent tombe du ciel, pas de impôts départementaux ou nationaux). M ; Amiraty se risque même à une blagounette : c’est au pied du mur que l’on voit le maçon…

Vient le tour de M. Valls qui explique sa venue à Gignac car les réponses tardaient à venir. Il veut casser les logiques d’entre soi, ne veut plus d’apartheid, rendre les beaux quartiers accessibles à tous ceux qui le souhaitent. Pour cela, dit-il, il faut construire 25% de logements sociaux. C’est pour cela que l’Etat cède avec une décote importante de nombreux terrains aux promoteurs.  Il explique que quand la carotte ne suffit pas, il faut utiliser le bâton. Il explique qu’il ne veut pas d’égoïsme territorial comme pour les gens du voyage et l’accueil des réfugiés…

A la stupéfaction générale des bénis oui oui présents, au moment de la signature du contrat signifiant que M. Amiraty s’engage à la construction de ces logements sociaux, je porte à bouts de bras une pancarte : NON à la signature du contrat de mixité sociale à Gignac La Nerthe. M. Valls me fusille du regard et les journalistes qui m’interrogent créant un brouhaha. M. Amiraty détourne le regard. Finalement, M. Valls annonce qu’il est en retard car il a RDV avec M. Gaudin et qu’il ne répondra qu’à 3 questions choisies, venant de la part des journalistes a-t-il précisé en me regardant droit dans les yeux…

Une journaliste qui trouvait l’idée très bonne m’a conseillé de me poster sur le chemin de la sortie avec mon panneau. J’ai alors été photographiée à plusieurs reprises par la presse.

Plusieurs dignitaires et élus locaux se sont ensuite moqués de moi en me disant que j’étais ridicule. Je leur ai répondu que c’était ce que mes électeurs attendaient de moi, que contrairement à eux, je respectais mes engagements.

J’ai ensuite été interrogée par deux agents des renseignements généraux, au demeurant très sympathiques, qui m’ont signalé qu’ils me recontacteraient… cela ne me dérange pas, les élus du Front National avancent tête haute et mains propres.

Laure CHEVALIER

Laure chevalier gignac la nerthe Non au contrat de mixite social a gignac la nerthe

http://www.laprovence.com/video/logements-sociaux-manuel-valls-debute-sa-visite-a-gignac/x4sn1ed

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